Reconnaître le besoin de sécurité

Contenu du cours
L’observer, le comprendre, l’écouter
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Safe Place Equin : 1er chapitre OFFERT

Reconnaître le besoin de sécurité

 

 

 

Définition de la sécurité :

État d’esprit confiant et tranquille d’une personne qui se croit, se sent à l’abri du danger.

 

La sécurité comme l’insécurité peuvent toucher à une ou plusieurs sphères :

 

  • sécurité physique : aucun danger ne menace notre intégrité physique
  • sécurité émotionnelle : aucun stress passager ou chronique ne menace notre bien-être émotionnel et ne nous baigne dans une insécurité constante.
  • sécurité relationnelle : l’autre ne génère pas chez nous d’insécurité par une menace réelle ou appréhendée.

 

            Le stress est un état insidieux car il peut vite prendre une place discrète dans le quotidien du cheval comme du cavalier.

J’assimile à l’insécurité certaines des émotions dites négatives ( non pas négatives parce qu’on les juge mauvaises ), ces émotions qui engendrent des comportements « où l’on perd quelque chose » et en ce qui concerne l’insécurité, les émotions qui nous préviennent d’un danger réel ou perçu :

– l’anxiété

– la peur

– l’inquiétude

 

Dans notre relation avec nos chevaux, le délicat équilibre entre les émotions négatives et les émotions positives va participer à l’état de sécurité ou à l’état d’insécurité du cheval comme du cavalier.

Le plus souvent, l’insécurité perdure du simple fait qu’on ne sait pas la reconnaître !!!!

Les observables physiques, mentaux et émotionnels de la sécurité

 

  • le pouls est corrélé à l’activité locomotrice ( le pouls est faible au repos, sans l’être excessivement, et il est plus élevé pendant et après une activité physique )
  • la musculature globale a un tonus faible, les articulations qui ne servent pas à l’équilibre à l’instant T sont ouvertes, les muscles contractés ne sont que ceux qui servent au maintien de la posture et de la locomotion
  • les paupières se ferment et s’ouvrent régulièrement, sans tension ni fixité
  • la respiration est souple, ample et complète
  • la mâchoire inférieure est détendue
  • les charnières articulaires ( nuque, épaules / garrot, bassin ) sont dépourvues de tensions excessives
  • chez le cheval, le port d’encolure est mobile voire horizontal si l’environnement ne l’interpelle pas.
  • les comportements de stress ( voir les 4 réponses au stress dans le chapitre suivant ) sont courts et le retour à l’équilibre se fait rapidement
  • l’individu mémorise les apprentissages aisément
  • l’individu a une communication équilibrée avec son entourage

 

Les observables de l’insécurité

Voici une liste non exhaustive des comportements d’insécurité que j’ai pu observer dans le travail des chevaux comme dans leur quotidien. Elle mérite sûrement d’être enrichie mais constitue déjà une bonne base à l’observation. Une bonne partie de ces observables concernent autant les chevaux que les cavaliers. Cette liste sera approfondie dans les chapitres sur les signaux d’apaisement et les signaux de stress. 

 

  • l’activité cardiaque est anormalement basse ou haute 
  • certaines zones musculaires ou certains muscles présentent une tension anormale ( crée par la douleur ou une posture de vigilance permanente )
  • les paupières ne clignent pas régulièrement
  • la respiration est courte et rarement à son maximum d’amplitude
  • la mâchoire et la lèvre inférieure sont souvent contractées, raccourcies
  • les naseaux sont froncés
  • les charnières articulaires ( nuque, épaules / garrot, bassin ) sont figées, manquent de mobilité
  • le cheval a, même au repos, un port d’encolure élevé ( nuque au-dessus du garrot )
  • les comportements de stress ( voir les 4 réponses au stress dans le chapitre suivant ) sont vite mis en route voire constamment mis en place comme réponse à l’environnement
  • l’individu a des difficultés à retenir les apprentissages du fait que toutes ses fonctions vitales sont tournées vers la survie et le mouvement plutôt que vers la découverte de nouveaux comportements
  • l’individu a une communication altérée avec son entourage voire plus de communication ( apathie )
  • l’individu utilise constamment des signaux d’apaisement tels que regard tourné vers l’extérieur, baisser la tête, mordiller, coucher les oreilles, fouailler de la queue, encenser, baîller …

Comment réagir face à l’insécurité du cheval ?

 

se familiariser avec les 3 seuils émotionnels :

l’acceptation, la tolérance et la vigilance ( voir dans le chapitre suivant)

– écouter les limites du cheval et ne pas les franchir sans être convaincu qu’il en a tous les moyens

– arrêter l’action que l’on est en train de poser et la décomposer tout en laissant le temps au cheval de relâcher la pression

 

– ramener le cheval dans une situation connue et surtout connue pour lui être confortable ( lui offrir une soupape confortable qui fera qu’il se sentira entendu ET respecté dans la limite qu’il rencontre )

– veiller à introduire une nouveauté que lorsque l’état physique et émotionnel du cheval lui permettent de l’aborder avec décontraction mentale et physique.

 

Exercice Observation du Quotidien

 

Filmes 10 à 20 minutes ton cheval dans son quotidien.

1 – Regardes la vidéo et notes en 2 colonnes séparées, les observables de sécurité et les observables d’insécurité que tu peux y observer.

Tu peux me partager ta vidéo et tes observations via What’s App. 

Les applis comme Edit ou Capcut te permettront de commenter la vidéo directement. N’hésite pas à me demander si tu ne sais pas comment faire. 

 

 

Exercice Observation au Travail

Filmes votre prochaine séance ou votre prochaine interaction avec ton cheval, qu’elle dure 5 minutes ou 45 min. Tu peux reprendre une vidéo que tu as déjà faite. 

1 – Notes en fin de séance les observables de sécurité et les observables d’insécurité que tu as observé pendant la séance.

2 – Prends un extrait de 5-10 minutes et refait l’observation.

Tu peux m’envoyer la vidéo et tes observations via What’sApp si tu veux partager, échanger, avoir un autre avis. 

 

Exercice La Présence ou Perception Panoramique

Quoi ?

L’attention et les actions que tu es en train de poser en direction de ton cheval génère des postures d’apaisement voire des réactions au stress. En portant momentanément ton attention sur l’instant T en perception panoramique au moment où le cheval s’exprime, ton attitude lui envoie : «  j’ai entendu, je retire la pression qui te fait exprimer une insécurité ou un inconfort et je te laisse souffler un instant« .

Tout comme tu apprécierais que l’un de tes proches écoute tes signaux d’inconfort ou d’insécurité les plus minimes ou ceux que tu verbalises pour pouvoir te détendre et poursuivre la relation ou la discussion, la présence/ perception panoramique  invite à entendre les limites du cheval, à ne pas les dépasser par inadvertance et donc à installer un climat d’écoute et donc de confiance.

Comment ?

Cet exercice peut se pratiquer dés que tu arrives près de ton cheval, ou bien au pansage comme lors de votre séance de travail.

Je t’invite à marquer un temps de présence au prochain observable d’insécurité de tu observeras sur ton cheval.

Comment procéder.

– tu restes immobile (dans n’importe quelle position, debout, assis, accroupi, peu importe)

– tu poses tes yeux sur un point fixe (ni animal, ni humain)

– tu te mets à l’écoute de tous les sons autour de toi (oiseaux, vent, voitures, voix, insectes, pluie…)

– tu choisis une sensation corporelle à ressentir (vent sur le visage, chaleur du soleil, sol sous les pieds…)

Et tu fais ces 4 choses en même temps.

Pourquoi ?

Le cheval vit dans un monde sensoriellement panoramique, par la vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat.

L’humain a plutôt tendance à vivre sensoriellement focalisé sur un ou plusieurs éléments.

Etre en mesure de passer du mode focal au mode panoramique va t’ apporter non seulement du confort et une connexion à l’environnement, mais va envoyer à ton cheval un allègement de la pression focale que l’on met involontairement ou volontairement sur lui, et qui est perçu, par lui, comme une pression importante.

Le simple fait de basculer quelques instants ton attention sur toi et l’environnement va laisser au cheval plus de place pour se détendre.

Cet exercice a autant de bénéfice pour le cavalier qui ressent des émotions liées à des souvenirs, des mémoires que des appréhensions. Revenir à ses sensations, à l’instant T, va offrir l’opportunité de délier les noeuds au fur et à mesure qu’ils se présentent.

 

Intérêt

 

  • Mentalement : écouter les insécurités et revenir régulièrement à un état de présence permet de réduire, d’atténuer l’état de stress chronique, l’état de vigilance voire d’hypervigilance, et favorise de part ce fait une plus grande disponibilité à la mémorisation, à l’apprentissage, à la communication, et à la nouveauté.

  • Emotionnellement : l’état de confiance dans la relation homme-cheval permet de remplir le vase de la relation avec des émotions dites positives. Ainsi, le cheval et vous associerez vos échanges à un gain, à du confort, à du plaisir et vous enrichirez d’autant plus vos états intérieurs positifs. Le travail, les échanges nourriront votre relation mais aussi chacun de vous.

  • Energétiquement : La sécurité concerne le 1er chakra, le chakra Racine qui est relié à l’ancrage, la sécurité physique, la confiance, la vitalité physique. Il y a  de multiple manière de « muscler » ce chakra mais la présence en fait partie et nourrir la sécurité relationnelle avec votre cheval, également.

  • Physiquement : l’insécurité a deux inconvénients : elle immerge le corps dans un état de vigilance, de stress qui libère du cortisol. Ce cortisol a la fâcheuse tendance à grignoter nos ressources mais surtout nos cellules. Le deuxième inconvénient réside dans l’état de tension musculaire et donc articulaire dans lequel le corps se retrouve, cela entrave donc l’intégrité physique, locomotrice et physiologique du corps. D’où l’intérêt de la fameuse Décontraction !

  • Relationnellement : un organisme, un individu tend naturellement à aller vers l’équilibre. Si dans son environnement, il a le choix entre une situation/ un individu anxiogène ou une situation / une personne sécurisante, d’après vous, vers où / qui ira-t-il ?

Maintenant, creusons le sujet plus en détail. Rendez-vous au prochain chapitre.